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Reprise d’entreprise

Le CV de présentation du repreneur d’entreprise : un outil essentiel pour attirer l’attention

Dossier de présentation ouvert sur un bureau en bois sombre, à côté d’un porte-documents en cuir et d’un stylo

Quand on cherche une entreprise à reprendre, le premier contact avec un cédant se fait rarement en face à face. Il passe par une annonce sur une plateforme de reprise, un intermédiaire, un expert-comptable ou un simple appel. Dans tous ces cas, le dirigeant qui vend veut savoir très vite qui vous êtes. Le CV de présentation du repreneur sert à ça : c’est votre carte de visite, celle qu’on lit avant de vous rappeler.

Son rôle diffère de celui d’un CV de candidat : il doit rassurer quelqu’un qui s’apprête à confier l’œuvre d’une vie, bien plus que prouver que vous savez faire le métier de l’entreprise. J’ai repris le centre d’affaires Georges 15 en 2024 : voici ce que je mets dans ce document, et pourquoi.

Pourquoi le CV de présentation compte autant

Un cédant reçoit souvent plusieurs marques d’intérêt. Il les trie vite, parfois en quelques secondes, avec trois questions en tête :

  • Cette personne a-t-elle les moyens et la solidité pour aller au bout ?
  • Va-t-elle respecter mes salariés, mes clients et ce que j’ai construit ?
  • Cherche-t-elle vraiment une entreprise comme la mienne ?

Un CV de présentation clair répond à ces trois questions avant même le premier échange. Il vous évite aussi de répéter votre parcours à chaque appel, et il circule facilement entre le cédant, son expert-comptable et son conseil.

La structure du CV de présentation

Restez sur une page, deux au maximum. Commencez par l’essentiel :

  • une photo professionnelle récente ;
  • votre prénom, votre nom et votre âge ;
  • une adresse e-mail dédiée à votre recherche de reprise (elle facilite le suivi et évite que les échanges se perdent dans votre messagerie habituelle) ;
  • votre téléphone ;
  • votre situation actuelle en une phrase : dirigeant, cadre en transition, président d’une holding, groupe de sociétés en construction.

Si vous construisez un groupe, dites-le dès cette première partie, en précisant votre intention de préserver le modèle économique et l’équipe en place.

Mettez en valeur votre parcours professionnel

Décrivez vos expériences en mettant l’accent sur ce qui intéresse un cédant : les équipes que vous avez dirigées, les budgets ou le chiffre d’affaires dont vous avez eu la charge, les entreprises que vous avez déjà créées ou reprises. Une ligne par poste suffit, avec un résultat concret quand c’est possible.

Gardez seulement ce qui montre votre fiabilité : de la durée dans les postes, des responsabilités croissantes, une expérience de dirigeant ou de manager.

Définissez le profil de l’entreprise recherchée

C’est la partie que beaucoup de repreneurs oublient, et c’est pourtant elle qui permet à un intermédiaire de penser à vous. Soyez précis :

  • le chiffre d’affaires visé, par exemple entre 500 000 et 5 millions d’euros ;
  • l’effectif, par exemple entre 3 et 50 salariés, pour éviter les structures qui reposent entièrement sur leur dirigeant ;
  • la zone géographique ;
  • les secteurs qui vous intéressent, et ceux que vous écartez ;
  • la situation : entreprise saine, en difficulté ou en procédure collective.

Si vous possédez déjà des entreprises, ajoutez leurs noms et leurs sites. Un cédant qui peut voir ce que vous avez déjà fait est beaucoup plus enclin à vous répondre.

Conditions de reprise et prix de cession

Indiquez ce que vous recherchez : une acquisition à 100 %, une position majoritaire, ou une association dans laquelle vous restez majoritaire. Dites clairement si vous souhaitez conserver les salariés en place, et si vous envisagez un accompagnement du cédant pendant la transition.

Pour le prix, ne donnez pas de chiffre : précisez simplement qu’il sera déterminé en fonction du dossier. Vous pouvez en revanche mentionner la façon dont vous comptez financer l’opération (apport personnel, holding, financement bancaire), sans entrer dans le détail.

Un modèle de CV de présentation

Voici l’ordre que je recommande :

  1. En-tête : photo, nom, coordonnées, une phrase de présentation.
  2. Mon projet de reprise : deux ou trois lignes sur ce que vous cherchez et pourquoi.
  3. Parcours : quatre à six expériences clés, avec un résultat chacune.
  4. Entreprise recherchée : chiffre d’affaires, effectif, secteur, zone, situation.
  5. Conditions : part du capital, maintien des salariés, accompagnement du cédant.
  6. Ce que j’apporte : vos compétences utiles à l’entreprise (commercial, digital, finance, gestion d’équipe).

Les erreurs à éviter

  • Un document trop long : au-delà de deux pages, il n’est plus lu.
  • Un profil de cible trop large : « toute entreprise rentable en France » ne dit rien à un intermédiaire.
  • Un ton de candidat : vous n’êtes pas en train de demander un poste, vous proposez un projet.
  • L’absence de preuves : sans entreprises citées, sans site ni profil LinkedIn à jour, le cédant n’a aucun moyen de vérifier qui vous êtes.

Où diffuser votre CV de présentation

Le document sert partout : sur les plateformes de mise en relation entre cédants et repreneurs comme le CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires), Transentreprise ou Fusacq, auprès des experts-comptables, des notaires et des banquiers de votre région, et en pièce jointe de vos premiers messages. Gardez-en une version en PDF, et une version courte que vous pouvez coller dans un formulaire. Pour la suite, préparez aussi votre pitch de présentation au cédant.

Conclusion

Le CV de présentation du repreneur d’entreprise est souvent le premier document que le cédant lit à votre sujet. Préparé avec soin, il augmente vos chances d’être rappelé : mettez en avant votre expérience, décrivez précisément l’entreprise que vous cherchez et vos conditions de reprise, et donnez au cédant les moyens de vérifier qui vous êtes.

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